L’audit des Ponts et Chaussées sur les grandes infrastructures

En 2003, l’Assemblée Nationale a commandé un audit sur les grandes infrastructures pour voir si celles-ci seraient viables d’un point de vue socio-économique. 

L’audit demandé à l’Inspection générale des Finances et au Conseil général des Ponts et Chaussées consiste, comme l’indique clairement la lettre de mission, à préciser le coût et l’état d’avancement des grands projets d’infrastructures de transports terrestres, à apprécier leur intérêt socio-économique à partir des études menées à ce jour, et à évaluer les enjeux qu’elles peuvent représenter pour la politique européenne des transports, la sécurité routière, l’environnement, l’aménagement et le développement durable du territoire.

Que dit ce rapport sur le Lyon Turin ?

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A l’issue des analyses approfondies qu’elle a mené sur cet ensemble d’aménagements, la mission estime que, dans le cadre méthodologique actuellement applicable à l’évaluation des projets d’infrastructures, les études socio-économiques sont loin de démontrer l’intérêt du projet pour la collectivité.

Or, en deuxième lieu, même dans ce cadre méthodologique contestable, les indicateurs de l’intérêt socio-économique du projet étaient mauvais, ce qui tient notamment à l’ampleur considérable des investissements nécessaires à sa réalisation. Seule une très forte survalorisation des effets externes permettait de donner au projet la rentabilité socio-économique habituellement attendue des grands projets d’infrastructures. Cette démarche, censée prendre en compte les spécificités environnementales des zones de montagne, ne reposait pas sur des travaux systématiques d’évaluation des effets externes dans les vallées alpines

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Dès lors, elle risquait de favoriser indûment ce projet par rapport à d’autres projets

d’infrastructures. Sur le premier point,  il ressort clairement des dernières études de trafic produites par LTF que le report modal ne proviendrait pas d’un développement du fret ferroviaire classique En effet, loin de soulager les tunnels routiers du Mont-Blanc et du Fréjus, le fret classique ne ferait que capter des trafics qui auraient transité par la Suisse.

Sur le second point, la mission relève que les trafics transitant par les passages alpins tant routiers (Mont-Blanc et Fréjus) que ferroviaire (Mont-Cenis) sont restés stables depuis 1994, y compris en 2002. L’ouverture prochaine de deux nouveaux tunnels ferroviaires en Suisse, au Lötschberg et au Saint-Gothard, offrira une capacité de 30 à 50 millions de tonnes dès 2007, portée entre 40 et 65 millions de tonnes en 2015. Celle-ci devrait en conséquence permettre l’écoulement d’une part significative du trafic transitant par le segment alpin, actuellement partiellement détourné par la France

L’analyse de l’audit se révèle négative avec une prévision d’augmentation du trafic d’un minimum de 50% du trafic entre 1999 et 2009. Les chiffres actuels (1999-2009, statistique suisses) sont de -20%  La nouvelle ligne Lyon-Turin ne se justifiait pas en 2003, elle ne se justifie pas plus en 2011. 

Le rapport complet disponible en pdf.

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